
Moi, Président de la République...
Le débat entre les deux candidats à la présidence de la République française aura duré quasiment trois heures. Un débat tendu, entre deux candidats de niveau équivalent. Plusieurs thèmes ont été abordés, laissant clairement apparaître les différences de positions entre les deux candidats, sur le nucléaire, sur la fiscalité et la TVA sociale, sur l’emploi, sur l’éducation. Et c’est sur ces sujets deux visions qui s’opposent, et qui sont proposées aux français, celle de François Hollande qui pourrait être qualifiée de "social-démocrate", celle de Nicolas Sarkozy de plus libérale.
Mais contrairement à ce qui était annoncé, le président de la République n’aura jamais réussi à mettre en difficulté son adversaire. Et alors que certains prédisaient à François Hollande un exercice difficile, voire risqué, l’on a pu voir un président de la République pas toujours au niveau de sa fonction, et un candidat socialiste endossant au contraire les habits du président.
Et que l’on ait aimé ou pas l’exercice, François Hollande aura, à travers sa profession de foi déclamée avec solennité, davantage marqué le débat que son contradicteur.
"Moi, Président de la République..."
Moi, Président de la République, je ne serai pas chef de la majorité. Je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée.
Moi, Président de la République, je ne traiterai pas mon premier ministre de collaborateur.
Moi, Président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
Moi, Président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. Je ne nommerai pas les membres du parquet, alors que l’avis du Conseil Supérieur de la Magistrature n’a pas été dans ce sens.
Moi, Président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les Directeurs des chaînes de télévision publiques. Je laisserai cela à des instances indépendantes.
Moi, Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire.
Moi, Président de la République, j’aurai aussi à coeur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’Etat. Je le ferai réformer, de façon à ce que, si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse, dans certaines conditions, me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat, ou m’expliquer devant un certain nombre d’instances.
Moi, Président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire. Autant de femmes que d’hommes.
Moi, Président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêt.
Moi, Président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Moi, Président de la République, je ferai un acte de décentralisation parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Moi, Président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi ou ce qui relève de la négociation.
Moi, Président de la République, j’engagerai de grands débats. On a évoqué celui de l’énergie. Il est légitime qu’il puisse y avoir sur ces questions-‐là de grands débats citoyens.
Moi, Président de la République, j’introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives de 2017 car je pense qu’il est bon que l’ensemble des sensibilités politiques soit représenté.
Moi, Président de la République, j’essayerai d’avoir de la hauteur de vue pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions. En même temps, je ne m’occuperai pas de tout et j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français.










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